Monday, March 27, 2006

algerie francaise ?

Recueilli dans le NET Un sujet un peu long mais qui dévoile le visage de la nouvelle Algérie. Algérie voulue par de Gaulle, de nombreux intellectuels gauchistes devenus muets et des communistes
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Algérie : un colonel dissident accuse
Et si le pire était vrai ? Si l'armée algérienne était elle-même à l'origine du chaos sanglant ? Cette hypothèse serait sans fondement si elle n'était formulée par de jeunes officiers entrés en dissidence contre le système de répression mis en place par le haut commandement. Familiers du théâtre d'ombres algérien, deux journalistes ont enquêté : Yassir Benmiloud, plus connu sous ses initiales d'éditorialiste algérien Y. B., et Samy Mouhoubi. Ils ont rencontré le colonel " B. Ali ", l'un des porte-parole de ce Mouvement algérien des officiers libres (MAOL) dont le site Internet embarrasse le gouvernement Bouteflika par ses révélations sur les " dossiers noirs " du régime. Impossible, bien sûr, de vérifier l'intégralité de ses informations ; mais impossible aussi de les ignorer tant elles sont précises. " Le Monde " a donc choisi de les verser au débat dans l'espoir qu'un jour l'avènement de la démocratie permettra de faire la lumière
EN 1991, l'Algérie s'apprête à basculer dans sa période la plus noire depuis l'indépendance. Huit années plus tard, l'horreur est largement consommée, et les perspectives d'une sortie de crise s'amenuisent au fil de la résurgence, ces dernières semaines, des massacres de civils et des assassinats politiques ciblés.La démarche volontariste du nouveau président algérien, Abdelaziz Bouteflika, se heurte à une réalité faite de manipulations sur fond de théâtre d'ombres où toutes les parties avancent masquées. Les spéculations sont toujours allées bon train dans l'analyse des violences cycliques qui déchirent le pays, jusqu'à aboutir aux thèses les plus contradictoires. Mais si la pire de ces thèses se révélait, un jour, être la bonne ? Si l'armée algérienne, qui n'a cessé de se présenter comme le dernier rempart face aux " hordes islamistes " apparaissait comme la véritable instigatrice du chaos ?
Il y a quelques années, les prémisses semblaient pourtant lisibles. Pour les opinions algérienne et internationale, l'Armée nationale populaire (ANP) semblait appliquer la " seule politique possible ".
En suspendant les élections législatives du 26 décembre 1991, dont le FIS est le grand vainqueur, l'institution militaire prétend tout bonnement venir au secours du multipartisme naissant. Paradoxe saisissant pour une " démocratie populaire " ultra-autoritaire où l'armée, depuis le coup d'Etat du 19 juin 1965, tient d'une main de fer les rênes du pouvoir. Et le décès du président-dictateur Houari Boumediène, le 27 décembre 1978, ne fait que renforcer la mainmise de la " Grande Muette " sur la " gestion " de l'Algérie.
Cette thèse d'un messianisme kaki à l'assaut du " fascisme vert " parvient néanmoins à être vendue, à force d'être ressassée, à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières algériennes. Mais l'effarante entrée en scène des massacres de civils à grande échelle, face à la meurtrière passivité des forces de sécurité, ébranle les constructions sémantiques échafaudées par le pouvoir militaire et ses relais, notamment au sein d'une jeune presse indépendante souvent intoxiquée par des agents traitants titulaires de cartes de presse. Les premiers doutes circulent, puis la lancinante question du " Qui tue qui ? " trouve suffisamment d'écho pour être portée sur la place publique.
Car, au jeu de la propagande, les généraux négligent un élément de taille : l'éventualité d'une fracture au sein de l'Armée nationale populaire (ANP). A l'intérieur des casernes, dès 1993, celle-ci va pourtant commencer à prendre corps, avec l'entrée en dissidence d'un nombre croissant de jeunes officiers. Ces derniers s'organisent bientôt autour du Mouvement algérien des officiers libres (MAOL), une opposition au régime qui se présente comme " structurée et résolue ", et qui prétend aujourd'hui être à même d'éclaircir les lourds secrets dissimulés par les hiérarques de l'état-major et des services spéciaux.
DEPUIS sa création durant l'été 1997, le MAOL sème un trouble de plus en plus palpable au sein des institutions militaires et civiles, ébranlées par la divulgation sur Internet des dessous de certaines des affaires les plus sensibles de ces dernières années : l'assassinat du président Mohamed Boudiaf, celui du chanteur Matoub Lounès, la corruption des généraux ou encore l'infiltration-manipulation des GIA. Cette cascade de révélations embarrasse le président Bouteflika. Loin de nier la réalité de ces dossiers noirs, il a cependant déclaré sur Europe 1, dimanche 7 novembre : " Je n'aime pas les tracts et je n'aime pas ce que font les déserteurs de l'armée à partir d'Internet. C'est aussi valable que des lettres anonymes. "
Pourquoi s'intéresser alors à des auteurs de " lettres anonymes " ? D'une part, parce que la suspicion qui entourait, il y a encore quelques mois, le MAOL, en l'assimilant à une mouvance proche des islamistes, semble progressivement être levée - il faut dire que l'anonymat de la quasi- totalité de ces officiers a alimenté bien des controverses. Leurs déclarations et communiqués sont désormais abondamment repris par les médias occidentaux et arabes, qui trouvent auprès de ce mouvement une précieuse source d'informations. D'autre part, la crédibilité du MAOL n'a jamais été contestée au sein de l'armée et des services spéciaux. Les témoignages recueillis sous le couvert de l'anonymat auprès de plusieurs sources militaires régulières et périphériques nous ont confirmé l'inquiétude grandissante du haut commandement algérien face à l'activisme menaçant de ces dissidents.
Afin de mieux cerner les ambitions et les objectifs du MAOL, devenu le " poil à gratter " de l'ANP, nous avons rencontré à plusieurs reprises le colonel B. Ali, quarante et un ans, l'un des porte-parole du mouvement, qui anime, depuis Madrid, le site Internet www.anp.org . Pour cet officier déserteur de l'ANP, le drame algérien relève d' " une manipulation qui dépasse la fiction ". Il aurait déjà fait plus de 173 000 morts, chiffre arrêté au mois d'août 1998, date à laquelle cet officier quitte clandestinement l'Algérie pour gagner l'Espagne.
MA PAROLE ILS IMITENT L'OAS
Après plusieurs entretiens téléphoniques, un premier rendez- vous est pris dans les faubourgs d'une grande ville européenne. Un élégant costume de marque atténuant à peine son port martial, B. Ali incarne cette jeune garde d'ambitieux officiers arabisants et libéraux. Avant d'entrer en dissidence, le colonel B. Ali a été l'un des plus jeunes colonels promus de l'ANP. Major de promotion de l'académie de Cherchell en 1988, ce pur produit de l'institution militaire algérienne poursuit sa formation en ex- Tchécoslovaquie, puis en ex-URSS. En 1991, il est rappelé en Algérie. Il rejoint le secrétariat général du ministère de la défense où, sous les ordres du général Mohamed Ghenim, il siège notamment au sein de la cellule chargée de répertorier les pertes humaines des forces de sécurité - plus de 23 000 morts à ce jour -, cellule plus prosaïquement affectée au maquillage des bilans des violences.
Bien qu'ayant, dans un premier temps, adhéré " sans état d'âme " à la répression qui s'abat sur les islamistes du FIS dès 1991, le colonel B. Ali constate vite que la haute hiérarchie militaire n'a aucune perspective politique digne de ce nom. " Au lendemain du premier tour des élections législatives du 26 décembre 1991, je suis l'un des signataires de la pétition que fait circuler le général Khaled Nezzar, alors ministre de la défense, en faveur de l'arrêt d'un processus électoral trop favorable au Front islamique du salut (FIS). J'estimais que l'intégrisme était une menace pour l'Algérie. Mais la démocratisation nécessaire de l'Algérie devait-elle pour autant passer par le sacrifice d'une partie importante du peuple : les islamistes ? Il fallait vivre en Algérie à l'époque pour se rendre compte de la violence de leurs prêches. Il me paraissait important d'écarter ce danger. C'est seulement après que sont apparues les dérives. "
Des dérives qui, selon B. Ali, sont couvertes par des consignes non écrites émanant des " conclaves ", ces réunions de cadres de l'armée qui se tiennent dans une résidence d'Etat du littoral algérois [le Club des pins]. Outre les généraux les plus influents, sont présents les chefs de région et les chefs d'unité. C'est là que sont abordées les questions de la torture et des exécutions extrajudiciaires. D'après notre interlocuteur qui, lors de ces " conclaves ", a occupé à plusieurs reprises la fonction de rapporteur, le débat se résume en ces termes : les " nettoyages " doivent-ils relever de l'initiative des gens sur le terrain ou faut-il qu'ils répondent au suivi d'une politique ? Pour un groupe d'officiers à la tête duquel se trouvait, dit-il, l'actuel patron de la sécurité intérieure, la réponse est claire : il faut systématiquement liquider. " Jusqu'alors, je n'avais pas eu de problème de conscience. Mais là, nous avons des directives, et le message destiné aux chefs opérationnels est on ne peut plus clair. Dès lors, toutes les dérives sont couvertes et il ne s'agit plus d'initiatives isolées. "
Pour B. Ali, l'assassinat du président Mohamed Boudiaf entérine la crise de confiance. Parmi la jeune génération des officiers de l'ANP, une vingtaine d'hommes, témoins des conditions de l'assassinat du président, sont exécutés dans les semaines qui suivent. Les commandants " Hadjeres " et " Hammou ", respectivement en charge de la Sécurité présidentielle (SSP) et du Groupe d'intervention spécial (GIS), sont écroués à l'issue de la reconstitution de l'attentat d'Annaba. Ces mesures ont pour effet d'entamer le moral des subalternes de l'ANP, brutalement conscients de n'être que des fusibles protégeant les intérêts particuliers des hauts cadres de l'armée, et plus spécifiquement ceux des hauts gradés commanditaires de l'assassinat du président Boudiaf, dont le colonel B. Ali affirme connaître les noms, révélés sur le site Internet du MAOL. " En s'attaquant à la corruption endémique des potentats de l'armée, Mohamed Boudiaf s'était placé d'emblée dans la ligne de mire, analyse aujourd'hui B. Ali . De plus, il ne voulait plus de prisonniers politiques. Il s'était engagé à ce que le 5 juillet 1992 [date anniversaire de l'indépendance] , le problème politique du FIS soit résolu. " Le président souhaite notamment élargir Ali Benhadj et Abassi Madani, les deux principaux leaders du FIS. Mais pas question pour autant de réhabiliter le parti dissous : " S'ils n'entrent pas dans le cadre constitutionnel, qu'ils aillent se faire foutre ! ", a-t-il coutume de déclarer en privé.
LE président Boudiaf est surtout déterminé à gagner son ancrage dans la société civile. A cette fin, il crée le Rassemblement patriotique national (RPN), une " organisation de masse " destinée à supplanter l'ancien parti unique, le FLN (Front de libération nationale). Ces initiatives présidentielles sont jugées intempestives par les membres de l'état-major qui ne veulent pas d'une force dominante chapeautée par la présidence de la République . " Il y avait plus grave aux yeux des généraux : ce même 5 juillet 1992, Mohamed Boudiaf s'apprêtait à mettre à la retraite les généraux Mohamed Lamari [actuel chef d'état-major] et Mohamed "Toufik" Médiène ", précise le colonel B. Ali . Le chef de l'Etat signe un décret qui doit paraître dans le journal officiel. Mais le 29 juin 1992, moins d'une semaine avant la date fatidique, son assassinat met fin à ses ambitions de réforme.
C'est dans le sillage de l'action politique de Mohamed Boudiaf qu'apparaît l'homme qui saura capter les attentes d'officiers en rupture de ban avec l'état-major. Tout au long des six mois de sa présidence, tant au niveau des contacts avec les cadres de l'ex-FIS que sur les dossiers de corruption des généraux, Mohamed Boudiaf bénéficie du soutien du très informé colonel Kasdi Merbah, leader du Mouvement algérien pour la justice et la démocratie (MAJD). Ancien chef de la sécurité militaire sous Houari Boumediène, il incarne la police politique des années de plomb. Le colonel B. Ali l'évoque avec déférence, car c'est ce même Kasdi Merbah qui inspire, en 1993, la création de la cellule Hakim, appelée à devenir le MAOL.
Ancien chef de la sécurité militaire sous Houari Boumediène, il incarne la police politique des années de plomb. Le colonel B. Ali l'évoque avec déférence, car c'est ce même Kasdi Merbah qui inspire, en 1993, la création de la cellule Hakim, appelée à devenir le MAOL. Au mois d'août de la même année, à son retour de Suisse où il a rencontré des cadres de l'ex-FIS, Kasdi Merbah tombe au cours d'une embuscade spectaculaire tendue par un mystérieux commando dont le professionnalisme tranche avec les méthodes habituellement employées par les GIA. Avant sa mort brutale, le colonel Kasdi Merbah était parvenu à rallier plusieurs officiers et officiers supérieurs. Il avait gagné notamment la confiance du général Saïdi Fodhil, qu'il avait appris à connaître dans les années 70, lorsqu'il était à la tête de la sécurité militaire. C'est au domicile de ce même Saïdi Fodhil que sont élaborés des scénarios dits de " sortie de crise ", lors d' " anticonclaves " réunissant des cadres militaires provenant de tous les corps de l'institution. La cellule Hakim est née. " H pour Honneur, A pour Armée et K pour... Kasdi Merbah. ". Les dernières lettres demeurent codées. " Impératif de sécurité", s'excuse le colonel B. Ali, qui dit avoir déjà fait l'objet de deux tentatives d'enlèvement dans les rues de Madrid.
Dans son essence, le MAOL affirme être né d'une opposition radicale " à la stratégie du chaos érigée en dogme par les responsables de l'état-major ".
Depuis les émeutes insurrectionnelles du FIS, en juin 1991, puis au lendemain de la suspension des élections législatives en janvier 1992, l'armée a au moins un objectif clair : décapiter l'état-major politique du FIS, déporter ses militants et sympathisants dans des camps du Sud, discréditer les islamistes. " Après la suspension du processus électoral, des milliers de jeunes ont commencé à rejoindre les maquis. En dehors de l'AIS [Armée islamique du salut, branche armée du FIS], il faut aujourd'hui compter près de 300 groupes rassemblant quelque 18 000 membres. Au début se posait à nous le problème de l'identification de ces personnes, car toutes n'étaient évidemment pas recherchées par les services. Nous avons alors créé de faux maquis, l'un des plus grands étant celui de Ténès [à l'ouest d'Alger] . Là-bas, nous commencions par réceptionner les jeunes qui prenaient le maquis. Une fois fichés, ils gagnaient d'autres maquis, qui, eux, étaient bien réels. Ténès n'a d'ailleurs jamais été inquiété, jamais bombardé. ".
Le colonel B. Ali révèle également les tenants et aboutissants de l'opération de la prison de Tazoult (ex-Lambèze, dans les Aurès), en mars 1994. Ce que les autorités présentent comme l'évasion de plus d'un millier de détenus islamistes semble en réalité une opération de manipulation d'envergure. Le MAOL affirme que, parmi les fugitifs, se trouvent de nombreux officiers de la sécurité militaire infiltrés dans la prison. En rejoignant les maquis des Aurès en tant qu'islamistes, ces agents en service commandé ont pour mission de faire capoter toutes les tentatives de rapprochement entre les instances des GIA et les leaders de l'ex-FIS. Ils déclenchent ce que l'on appellera la " guerre inter-maquis " entre les GIA, l'AIS et le MEI (Mouvement pour l'Etat islamique, créé en 1991 par Saïd Mekhloufi, ancien membre fondateur du FIS). "
C'est ainsi que les maquis ont été déstabilisés, et c'est aussi à partir de ce moment que des officiers infiltrés ont pris la tête d'un grand nombre de katibates (sections). Dès lors, la sécurité militaire contrôlait la plupart des GIA ", conclut B. Ali. L'accusation du MAOL se résume en ces termes : lorsque les GIA frappent, il faut y voir la main d'une armée décidée à couper les islamistes de leur base populaire, tout en segmentant la société. Toutes les catégories sociales sont visées. Chanteurs, responsables politiques, journalistes, médecins, universitaires, sportifs et intellectuels " survivants " doivent, selon le haut commandement militaire, se sentir redevables de leur sécurité. Ils n'ont plus qu'une alternative : l'exil ou les résidences dites " sécuritaires ", qui les conduisent à " bunkériser " leurs vies et à limiter leur expression. Le dessein final est entendu : il s'agit de freiner la démocratisation du champ politique et de présenter l'armée comme la seule institution capable de protéger l'Algérie du " péril islamiste ". Postulat que le colonel B. Ali dément catégoriquement : " Les généraux font en réalité tout le contraire et alimentent à grande échelle la machine terroriste. "
OBJET d'une intense spéculation pour cause de totale opacité, cet obscur collège de hauts gradés représente ce que B. Ali appelle le " cabinet noir ", ou encore " les officiers de la vingt-cinquième heure " [allusion aux généraux issus de l'armée coloniale française], dont il donne l'organi-gramme : " On a le premier clan de l'armée, qui est, pour ainsi dire, le socle : les généraux Larbi Belkheir, Mohamed Lamine Médiène, alias " Toufik" [à la tête de la direction renseignement et sécurité - DRS], Ismaïl Lamari, alias " Smaïn" [à la tête du contre- espionnage - DCE], Chérif Fodhil, le chef des forces spéciales, et le général Mohamed Touati, qui est en quelque sorte le " politique" . Le relais au sein des cadres de l'armée, c'est le général Abdelmadjid Taghit. Mais Larbi Belkheir est un peu le parrain de tout le monde : tous lui doivent leurs carrières. Le véritable pouvoir se concentre entre les trois personnes, que nous surnommons "BTS " : Belkheir, "Toufik" et "Smaïn". Cependant, Larbi Belkheir ne veut se fâcher avec personne et entretient d'excellents rapports avec le clan des généraux en retraite, à la tête duquel se trouve le général-major Khaled Nezzar, ancien ministre de la défense. Un clan très puissant, majoritairement composé de militaires originaires de l'est du pays, sur lequel Larbi Belkheir s'appuie pour contrer les actifs qui voudraient s'opposer à lui. "
Si, pour B. Ali, les généraux orchestrent le chaos, il reconnaît que certains groupes armés continuent à échapper au contrôle des services de sécurité. A sa connaissance, le maquis de Kartali, à Larbâa (Algérois), est l'un des rares qui n'aient jamais été infiltrés. Fait dont l'AIS ne peut se prévaloir. " Lorsque Madani Mezrag [chef de l'AIS] revient de la Légion arabe de Khadafi, il se fait " débriefer" par les services. Une zone d'ombre entoure ensuite l'épisode de son évasion de l'hôpital de Constantine. Il rejoint alors le maquis, mais, en 1995, à la veille des élections présidentielles, il est blessé lors d'une embuscade et se retrouve de nouveau en prison, d'où il écrit une lettre d'allégeance au chef de l'Etat - un texte de sept pages - dans lequel il reconnaît l'autorité de Liamine Zeroual et où il lui demande d'oeuvrer pour une solution politique. Dès ce moment, le chef de l'AIS est bel et bien en contact direct avec les militaires. " Mais l'un d'entre eux, le général " Smaïn ", patron de la sécurité intérieure, court-circuite la présidence en prenant la conduite des pourparlers. Il est alors décidé de maintenir les maquis de l'AIS pour contrebalancer les éléments incontrôlés des GIA et ménager des possibilités de négociation en temps et en heure. Le stratagème prend fin le 1er octobre 1997, lorsque Madani Mezrag, au nom de l'AIS et sous la férule de ses tuteurs gradés, annonce une " trêve unilatérale et inconditionnelle ".
Lorsque , la même année, le président Liamine Zeroual relâche Abassi Madani ; ce dernier s'engage à appeler à la cessation des hostilités. Mais les massacres de civils atteignent leur acmé, et le " clan présidentiel " - Liamine Zeroual, son ministre-conseiller à la sécurité Mohamed Betchine et le patron de la gendarmerie nationale , Tayeb Derradji - est mis dans une situation d'énorme pression. " Vous traitez avec des égorgeurs, lui dit-on. Or, ce que la présidence ignore ou ne veut pas comprendre, c'est que l'état-major et les services, en entamant la dernière phase de la lutte antiterroriste, vont faire d'une pierre deux coups : ils mènent leurs propres négociations secrètes avec l'AIS afin de court-circuiter un accord probable entre le FIS et la présidence, car l'état-major et les services ne veulent pas d'un tel accord. Et cela leur permet aussi de faire pression sur l'AIS, en obligeant celle-ci à se démarquer des massacres. Ce à quoi elle se résout en accusant formellement les GIA d'être responsables de toutes les exactions. "
Le but de la manoeuvre ne fait aucun doute pour B. Ali : l'état-major et les services préfèrent un accord " sécuritaire " à un accord politique. Ces négociations secrètes sonnent, en outre, la victoire de l'institution militaire sur la présidence (le président Zeroual ne tarde pas à " tomber ") et sur les groupes armés, dès lors assimilés à des criminels de droit commun, puisqu'ils ne bénéficient plus de couverture " politique ". L'assassinat, lundi 22 novembre, de Abdelkader Hachani, numéro 3 de l'ex-FIS, s'inscrirait ainsi dans cette démarche éradicatrice . " En éliminant cet ultime "politique" du FIS, interlocuteur incontournable et dernière passerelle vers un règlement de fond de la crise, les jusqu'auboutistes du pouvoir écartent toute perspective d'un règlement politique du conflit en consacrant des accords sécuritaires secrets. "
Pour B. Ali, la réalité sur le terrain est - pour le moins - gigogne : " Sur les 1 300 terroristes qui se sont rendus à ce jour dans le cadre de la loi sur la concorde civile, je peux vous assurer que plus de 700 sont des officiers infiltrés appelés à rejoindre leurs casernes... Car, en réalité, les commandos responsables de la plupart des exactions sont mixtes. Des terroristes islamistes sont d'abord arrêtés au cours des ratissages des forces de sécurité. Ils sont retenus et torturés, puis on les intègre aux commandos de l'armée chargés de massacrer leur village d'origine, et je peux vous dire que quand, sous la menace, on leur ordonne d'égorger, ils obéissent ! Lors de ces opérations, les premières maisons sont systématiquement épargnées, ce qui permet de fournir des témoins à même d'affirmer qu'ils ont reconnu des islamistes du village... "
Parallèlement, l' " Unité 192 ", une force spéciale connue du seul premier carré de l'armée, est créée. Composée d'environ 200 éléments ultradéterminés, recrutés dans le Service action de l'armée, la gendarmerie ou encore la police, cette unité constitue le bras séculier des " janviéristes " de l'armée - 192 signifiant le mois de janvier 92, date de la destitution de Chadli Bendjedid et du coup d'Etat à blanc. Cet " escadron de la mort " est destiné à faire le nettoyage au sein de la " Grande Muette " et à convaincre sans ménagement les plus récalcitrants du bien-fondé de la politique des généraux.
Face à cette " apocalypse programmée ", les membres de la cellule Hakim décident d'intensifier leur action clandestine au sein de l'institution militaire. Ils nourrissent d'ambitieux projets, dont celui d'un coup d'Etat. Option qu'ils abandonnent rapidement au profit d'un travail de sape appelé à s'inscrire dans la durée. D'autant que, quelques mois après la disparition de Kasdi Merbah, un accident de voiture suspect emporte le général Saïdi Fodhil, privant ainsi le mouvement de sa seconde figure de proue. Cette disparition achève de convaincre les membres de la cellule qu'il est vain de planifier une action d'envergure à la seule échelle du pays. Plusieurs éléments du mouvement vont alors s'exfiltrer, avec pour mission de révéler à l'opinion internationale la réalité de la violence politique qui sévit en Algérie. Au sein de la cellule, la consigne est désormais claire : " La dénonciation des faits vaut mille actes de violence. "
C'EST d'abord un colonel qui parvient, en 1995, à gagner les Etats-Unis, où il donne une série d'interviews à la presse arabe. Puis, en 1997, c'est au tour du capitaine Haroun de rejoindre l'Angleterre, où il multiplie les entretiens avec la presse arabe et britannique ( The Observer). Son témoignage est repris par Le Monde du 11 novembre 1997. Quant à l'officier Messaoud Alili, il prend la poudre d'escampette au nez des forces aériennes, en effectuant à bord d'un simple hélicoptère le trajet Alger-Ibiza.
A l'été 1997, la cellule Hakim devient le MAOL, un mouvement structuré placé sous le commandement d'un général d'active. Cependant, la répression s'accentue : en février 1998, les décès du général Touahri, du colonel Toubih et du capitaine Zelmati, qui périssent dans un accident d'hélicoptère inexpliqué alors qu'ils survolent la région de Béchar, viennent allonger la liste des morts prématurées. L'hécatombe précipite l'exfiltration du colonel B. Ali, qui rejoint l'Espagne.
Depuis cet exil européen - qui concerne 68 autres éléments de l'ANP répartis à l'étranger, notamment en Europe de l'Est -, B. Ali, épaulé par d'autres militants du MAOL, travaille à la constitution de nombreux dossiers. " Aux côtés d'avocats, nous réunissons des preuves, rédigeons des plaintes. Notre objectif vise à obtenir la traduction devant les tribunaux de plusieurs généraux [il cite six noms]. Notre mouvement vise l'implosion du système mis en place par ces hommes, et au retrait complet des militaires de la gestion politique du pays. Nous avons des échéances, et elles sont proches. "
Devenus le cauchemar de la haute hiérarchie militaire, les " maolistes " ont récemment été contactés par le général " Smaïn " Lamari, qui leur aurait proposé un " mariage de raison " : la réintégration des dissidents contre la promesse de cesser le " tapage ". " " Smaïn" a même été jusqu'à promettre à certains d'entre nous des postes dans des ambassades ou des consulats à l'étranger ", sourit, désabusé, le colonel B. Ali . Mais derrière la carotte, il y a le bâton. Le mouvement dit subir actuellement une répression féroce sur le sol algérien, faite d'une quinzaine d'exécutions extrajudiciaires, dont celle, il y a quelques semaines, dans un restaurant de Kabylie, du colonel Medjbar. Ou encore d'une centaine de mises au secret, dont celle de la capitaine Wassila Cherfaoui, soupçonnée d'avoir organisé depuis le secrétariat général du ministère de la défense nationale les fuites des véritables chiffres du scrutin présidentiel du 14 avril 1999 (28,30 % de voix pour Abdelaziz Bouteflika au lieu des 73,8 % annoncés).
Les chefs de région et d'unité de l'ANP ont récemment reçu une circulaire signée du chef d'état- major Mohamed Lamari leur intimant de redoubler de vigilance face à toute menée subversive. L'heure est à la suspicion généralisée et aux mesures expéditives : cinq membres du MAOL, parmi lesquels un colonel, un commandant, un capitaine et deux lieutenants-colonels ont été abattus, vendredi 5 novembre, dans un restaurant du Figuier, près de Boumerdès. Ces meurtres ont été attribués aux GIA par la presse algérienne.
Alors que l'assassinat d'Abdelkader Hachani n'a pas été revendiqué, le MAOL, qui prétend détenir un certain nombre d'informations quant à la reprise des attentats ciblés, avance sans plus de précisions : " Comme ils nous y ont habitués, les généraux pourraient vouloir brouiller les pistes menant à l'identité réelle des assassins d'Abdelkader Hachani, en s'en prenant cette fois à une personnalité laïque, proche des milieux éradicateurs. "
Y. B. ET SAMY MOUHOUBI
Y. B. s'est fait connaître par ses chroniques dans le quotidien algérien El Watan entre 1996 et 1998, réunies dans un ouvrage, Comme il a dit lui (J.-C. Lattès). Il a aussi publié une investigation littéraire, L'Explication (J.-C. Lattès, 1999). Samy Mouhoubi est journaliste indépendant. ( Doc : avec une photo et deux dessins de Serguei )
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Commentaire de GillouQuel bordel! Jamais cette Algérie deviendra ni adulte ni moderne et seul Allah aura le pouvoir de reconnaitre les siens!
Commentaire de Mélina
Cela n'est pas étonnant, tant que Boumédienne était au pouvoir gràce à l'URSS qui avait des visées sur la base de Mers El Kébir, il y avait un semblant de calme, les complots se jouaient en coulisses avec la bénédiction de Brejnev.Depuis 12 ans, le communisme s'est effondré, les généraux Algériens n'ont plus de tuteurs pour leur dire ce qu'ils doivent faire, résultat, le cahos s'est installé sous prétexte d'une reprise en main par les Afghanis, ce dont je doute, mais plutôt par une brochette de gradés qui ne veulent pas perdre le pouvoir.A mes parents restés en Algérie jusqu'en juin 64, certains de nos voisins arabes leur disaient, "nous sommes un peuple aveugle qu'il faut tenir par la main, nous ne saurons jamais nous gouverner seuls". C'était il y a 40 ans, aujourd'hui ces paroles en sont l'exemple parfait. BOUTEFLIKA n'est qu'un homme de paille que l'on met sur le devant de la scène, les véritables gouvernants sont les militaires. Bien des massacres mis au crédit du GIA et des Islamistes sont le fait de l'armée. Il y a deux ou trois ans un village entier a été détruit les habitants furent tués avec des armes à feux et non pas égorgés comme habituellement. Une caserne qui se trouvait à moins de 10 mn du centre du village n'a rien entendu ! Cela me laisse perplexe, tout un bataillon de sourds, ou plutôt un bataillon d'assassins qui est revenu sur les lieux soit-disant pour aider les quelques rares survivants 3 heures après le forfait. Bien que je me méfie des militaires dissidents algèriens, je pense que ce qu'ils disent est en partie vrai, nous n'avons aucun moyen absolu de le vérifier, mais leurs déclarations peuvent être prises au sérieux.Ils nous ont dit en 1962 "La valise ou le cercueil" nous avons pris la valise, aujourd'hui ils utilisent le cercueil. Allah Ouakba !
Commentaire de Didus
A la fin des années 50, la France s'apercevant que le mouvement rebelle(résistant je préfère !) Prenait de l'ampleur et que l'Algérie aller tôt ou tard arracher (et pas se faire offrir !) son indépendance, alors il fallait penser à l'avenir, il fallait préserver les intérêts de la France en Algérie. Alors pour cela, les responsables militaires Français ne pouvaient que jouer la carte des sous-officiers algériens engagés dans l'armée Française. l'idée était de former ces gens puis de les relâcher afin d'infiltrer le FLN pour diviser et détruire et à long terme, prendre les rennes du pouvoir pour servir le maître et c'est réussi !! .
Parmi ces gens là il y avait BELKHEIR (actuellement général-major ) de même que NEZAR(ex-ministre de la défense)et j'ai tire un document du site anp.org dont personne ne peu nier la certitude de ses informations historique :
« 1) Belkheir et la guerre de libération:
Le père de Larbi Belkheir n'a jamais été un respectable Cheikh de zaouïa comme il le prétend, mais plutôt un grand Bachagha au service du régime colonial français, chargé de la répression des Algériens en général et des nationalistes en particulier. A ce titre Belkheir devrait prendre la peine de consulter le répertoire des grandes familles algériennes de la colonisation ; l'histoire de sa famille y figure en bonne place.
L'engagement de Larbi Belkheir dans l'armée française en pleine guerre de libération est le résultat d'un choix délibéré de sa part, pour servir le régime colonial à l'instar de son père, et non d'une incorporation par "devancement d'appel" comme il s'efforce de la faire croire.Sa "désertion" de l'armée française est présentée dans cet article comme un événement extraordinaire qu'un grand-père se doit de raconter à ses petits-enfants pour leur montrer que grand papa est un héros ! Il ajoute dans l'article, qu'il "s'embarque … à destination de la Tunisie où il est aussitôt affecté à la région frontalière. Mission : former le 45e bataillon" !
A cet égard, les précisions historiques suivantes s'imposent:
a) La "désertion" de Belkheir n'est pas individuelle, mais collective. En effet, Les sous-lieutenants qui ont rejoint la Tunisie en 1958 sont, entre autres, (par ordre alphabétique) : Abdelmadjid Allahoum, Abdelnour Bekka, Larbi Belkheir, Mohammed Ben Mohammed, Hamou Bouzada, Mostepha Cheloufi, Abdelmalek Guennaizia, Mokhtar Kerkeb, Lahbib Khellil, Rachid Mediouni, Khaled Nezzar et Salim Saadi.Comme tous ses associés, il faisait lui aussi partie de la fameuse promotion " Lacoste " de 1958. Mais pour rendre justice aux hommes de foi, le défunt général Lahbib Khellil n'a pas marché dans la combine Belkheir ; il a d'ailleurs été radié des rangs de l'ANP suite aux instructions de Belkheir.
b) Il est curieux que ces officiers "déserteurs" de l'armée française n'aient pas rejoint l'armée de libération nationale (ALN) dans les maquis comme l'ont fait avant eux Mahmoud Chérif ou Abdelrahman Bensalem ou encore Abdallah Belhouchet, pour ne citer que ceux-là. Mais, ils ont rejoint le FLN et le GPRA en Tunisie pour entrer par la grande porte sans prendre le moindre risque. Il fallait qu'ils survivent pour mener à bien la mission dont ils ont été investis.
c) Ce n'est qu'en 1958, après l'arrivée du général Charles De Gaulle au pouvoir (avec sa claire stratégie basée sur la "troisième voie" et "l'Algérie algérienne", pour affaiblir, sinon éliminer de la scène politique algérienne le FLN et écraser l'ALN) que l'on a assisté à des vagues successives de "désertion" de l'armée française pour rejoindre le FLN en Tunisie en 1958, 1959 et 1961.Parmi les sous-officiers promus sous-lieutenants par l'armée française avant de les envoyer en mission en Tunisie en 1961, quelques mois seulement avant l'indépendance, figurent en particulier les "déserteurs" Mohammed Lamari et Mohammed Touati. Les mystères de la stratégie coloniale du gonflement des grades et de l'encouragement des désertions massives se sont élucidés avec le temps. Il est établi à ce jour que ces pseudo-déserteurs ont été chargés d'une mission bien spécifique : L'infiltration de l'ALN par des éléments fidèles à la France.
d) Belkheir n'a eu aucune affectation immédiate à son arrivée en Tunisie, comme il le prétend. Après une année passée en stand-by au camp de Garn Al Hafaya (situé au sud du Kef) avec ses collègues "déserteurs", Belkheir a été affecté au camp d'instruction de Oued Meliz (près de Ghardimaou). Là, il a eu de graves engueulades avec les djounouds de l'ALN qui s'étaient révoltés contre lui et son collègue le sous-lieutenant Madaoui pour leur comportement indigne vis-à-vis des moudjahidines.
e) Bouteflika, dont il dit avoir fait connaissance en 1960, n'a jamais été membre de l'état major général comme il l'affirme. Les membres de l'état major général étaient : le colonel Boumediène, les commandants Ahmed Kaid et Ali Mendjeli. Le quatrième membre était le commandant Rabah Zerrari dit le commandant Azzedine. Mais, il n'a jamais rejoint son poste au sein de l'état major général. Tous ont été nommés par le Conseil National de la Révolution Algérienne (CNRA) dans sa session de janvier 1960, dont ils étaient d'ailleurs tous membres.
Bouteflika n'a par contre jamais été membre du CNRA, ni membre de l'état major général. Il n'a jamais été chargé "d'inspecter les troupes basées aux frontières Est de l'Algérie". Ce serait d'ailleurs une insulte à la mémoire des commandants Abdelrahman Bensalem et Salah Soufi, alors respectivement chefs de la Zone Nord et de la Zone Sud des frontières Est. Ce serait également une insulte à l'ensemble des commandants de bataillons installés aux frontières algériennes. D'ailleurs, Bouteflika n'a jamais commandé d'unités de combat.Bouteflika et Belkheir ont en commun qu'ils n'ont jamais tiré une seule cartouche contre l'armée coloniale française jusqu'à l'indépendance de l'Algérie. Comme tous leurs compères ce ne sont pas des Baroudeurs !
f) Larbi Belkheir dit avoir demandé à "rencontrer Boumediène" en 1962 pour solliciter sa "démobilisation" et s'est heurté au refus de Boumediène ! Ceci est un pur tissu de mensonges, puisqu'en 1962, la procédure de démobilisation était simple et n'obéissait à aucune démarche administrative ou bureaucratique. Les chefs des régions militaires ainsi que le directeur du personnel du ministère de la défense étaient habilités à délivrer les attestations de démobilisation sur simple demande verbale »
Aujourd’hui la quasi-totalité de ses déserteurs sont au pouvoir en Algérie. Ils gèrent le pays à leurs guise tout en obéissant aux ordres du maître à savoir la France ! car s'ils sont arrivés à la tête de l'armée algérienne ceci n'est pas le fruit du hasard, c'est un travail de fourmis assisté et orchestré pas les services Français.
Ces généraux sont aidés et protégés par la France. Il n'y a qu'a voir le rapatriement spectaculaire du général Nezar venu en France pour la promotion de son livre(2001). En effet, des familles algériennes victimes de la torture pendant qu'il était ministre de la défense ont déposé plainte contre lui, mais en violant le traite de new york. La DST (Française) dépêche ses agents pour accompagner le général à l'aéroport où un avion spécial l'attendait pour Alger !!
Sur le plan économique la France est suposée être le premier partenaire de l'Algérie mais lequel ? Si ce n'est un partenaire anormal! En effet, depuis l'indépendance aucune boite Française n'a investit en Algérie, l'idée est de vendre le produit tout prêt ! Et qui seront les intermédiaires entre les PDG Français et le peuple algériens ?Pas de panique ! les généraux sont là pour servir le maître. en Algérie. Il y a le général du sucre, celui du café, du médicament...bien sur ils ne sont pas concernés par les taxes douaniers vu que ces eux l'état !
Le système est clair: la France protège et préserve les généraux qu'elle a formés autre fois et poussé à la tête du pouvoir au fil des années. Ceux-là assurent leurs monopole économique sur l'Algérie et tous les deux s'enrichissent au détriment du peuple algérien qui a tant soufère au temps du colonialisme et qui soufre toujours sous le néo-colonialisme !!
RELEVÉ SUR LE SITE ALGÉRIEN ARABE ANTI-FLNhttp://www.stcom.net/
QUI SE BAT CONTRE LA CORRUPTION DE LEURS GÉNÉRAUX FLN
Nous trouvons dans ce Site la liste des « barbouzes Français » actuellement en place en Algérie.
Ce qui laisse supposer que :
DE GAULLE - ALLIÉ AUX ASSASSINS DU FLN - S’EST ARRANGÉ POUR FOUTRE DEHORS PLUS D’UN MILLION DE FRANCAIS-D’ALGÉRIE QUI LE GÉNAIENT POUR EXPLOITER L’ALGÉRIE ET L’AFRIQUE A SON PROFIT ET CELUI DE CES ACOLYTES TELS LES FOCCART - PASQUA ET TOUTE LA BANDE A CHARLOT.Suivez le guide :
-Christian Le Breton: né le 17 Avril 1955 à Grenoble. Grade commandant. Service d’affectation: le RAID. Il est en Algérie pour assister le général Fodil Chérif( bras droit du chef de l'ANP), l’un des officiers les plus importants en Algérie. Son ordre de mission porte le numéro:38ALFSMD99 et sa couverture officielle est: responsable commercial dans une entreprise de forage Franco-Italienne.http://www.algerie-francaise.org/plainte/preuve2.shtml
-Alain Robert Cholet: né le 25 janvier 1958 à Metz. Grade capitaine. Il est chargé d’entraîner les forces spéciales à Alger, surnommé par les ninjas "E’rrouji": le rouquin. Il a été l’adjoint du commandant Favier ( du GIGN) lors de l’assaut contre l’airbus d’Air France à l’aéroport de Marseille. (Coincidence : Pasqua ministre de l’interieur)
-Jean Michel Pourtnes: né le 31 décembre 1951 a Paris. Grade capitaine des services de communication et de transmission, spécialiste des techniques d’écoutes auprès des services secrets.
-Armand Pierre Lafarge: commandant du 42eme RT Français (Régiment de Transmission). Il fournit les transmissions et les écoutes avec les moyens les plus modernes et les plus performants (RITA et système satellite); trois (03) de ses hommes conduisent des voitures (camionnettes) bourrées d’appareils électroniques ( pour la détection électronique sur le grand Alger) et sous couverture de fonctionnaires de la RTA ( Radio et Télévision Algérienne). Il est à noter que cela est fait en étroite collaboration avec le sous-marin d'écoute Français stationné au large des cotes Algériennes.http://www.algerie-francaise.org/barbouzes/
-Pascal Chotte: né en 1960. Grade capitaine. Il est affecté auprès du général Smain Lamari. C’est un officier de la DGSE et son influence dépasse de très loin son grade.
-Daniel Cariben: né en 1966. Grade sergent chef. Il a fait partie de la première division blindée de Baden-Baden, la plus puissante division de l’Armée Française.
-Marcel Lehman Jean : né en 1960. Grade sergent. Même corps d'origine.les noms qui vont suivre sont plus secrets que le secret; ce sont des professionnels qui jouent à la guerre en échange de parts de marché dans les puits de pétrole, armements, minerai de diamant et autres ressources importantes.
-Damink Emmanuel: Grade commandant sans affectation. C'est un des officiers les plus secrets, en mission auprès du général Mohamed Mediene dit Toufik,(il rentre dans son bureau sans même frapper a la porte).
-Stefan Desmond: Grade capitaine, Sud Africain et ami personnel du général Sadek Kitouni (notre ambassadeur en Afrique du sud). Il est en mission auprès des services opérationnels de la DCSA en l’occurrence le colonel Bachir Tertague Alias colonel Atman, un spécialiste de la torture.
-Barsony Uri: Grade commandant, un ancien de l’armée de l’apartheid, ami intime du général Fodil Cherif qui lui a attribue une solde de $45000 (Dollars Américains), un ordre signé par le secrétaire général du ministère de la défense Nationale (le général Mohamed Ghenim ) date du 15 décembre 1997 pour les versements sur le compte ouvert au nom d’une femme (Mlle Francolini) au Canada à la CIBC, 1155; boul.rene-Levesque. Ouest Montréal. Quebec. H3B 3Z4 tel: (00 1 514 876 3490).
-Taylor Peter: grade colonel de la CIA à la retraite, ancien chef de l’antenne de la CIA en Europe et ami personnel du général Smaïn Lamari. Il est l’artisan du changement de la politique des USA vis-à-vis d’Alger. Il a touché une commission inimaginable après le contrat d’armement signé avec l’Afrique du sud. Il suit le général Mohamed Lamari comme son ombre, même à l’étranger. Il ne rate jamais une commission après chaque marché conclu.
-Coblence Michael: Grade commandant, age de 48 ans, de nationalité Américaine. Il accède au MDN par la grande porte et s'y déplace comme s’il était chez lui. Il s’occupe du service informatique de l’armée (SCIA) et a carte blanche dans tout ce qu'il entreprend. Sa couverture est conseiller auprès du directeur général de la Sonatrach. Il a reçu une prime d’un (01) million de dollars en janvier 1998.
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Nous tenons a dire que cela n’est que la partie apparente de l’iceberg, ce qui viendra plus tard est encore plus incroyable.
Des frères à nous ont payé le prix fort pour que ces informations voient le jour, notre seul but réside dans notre souhait d'une prise de conscience par nos collègues militaires et par le peuple Algérien, des réalités que cachent les généraux.
PS: Notre haine des généraux provient de notre amour pour l'Algérie et pour le peuple Algérien.
FIN DE CITATION
Commentaire de Aziz
TOUS LES MEMES POURRIS CHEZ LE FLN
Le général algérien à la retraite KHALED NEZZAR ancien homme fort du régime, avait porté plainte en diffamation devant le Tribunal Correctionnel de Paris, contre un ancien sous-lieutenant algérien, auteur d'un livre intitulé "LA SALE GUERRE" , critiquant l'armée d'alger dans sa guerre contre l'islamisme.
A l'audience du 1er juillet, le général déclare que le processus électoral à été interrompu en janvier 1992 "pour répondre aux voeux de la majorité de l'opinion publique".
L'avocat de la défense lui lance alors : "comment pouvait-on les connaître ?". Et le général de répondre : "par des sondages du ministère de l'intérieur !..." .

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Rencontrée à l’hôtel El Amir, à Djelfa, en marge du 14ème Colloque Houari Boumedienne, la veuve du président défunt, Anissa Boumediene, a gros sur le cœur. Elle trouve cependant en la poésie arabe une médication soulageante. Elle replonge dans la rime de Taoufa, Zoheir, Al Qais et Al Khensa pour atténuer de la douleur d’un souvenir qui souvent l’assaillit : celui de l’époux, de l’ami perdu. Elle sait que les pleurs ne le lui rendront pas. Aussi libérait-elle, un brin de réticence, compréhensible, au demeurant, sa parole pour dire son époux.
Le Soir d’Algérie : Le Colloque Houari Boumediene est à sa quatorzième édition. N’estimez-vous pas qu’il demeure encore à cerner la vie de Boumediene dans son intégralité ? Anissa Boumediene : Effectivement, jusqu’au jour d’aujourd’hui, l’époque Boumediene n’a pas eu sa véritable place dans l’histoire. Sa vie, sa démarche et la vérité de parcours n’ont pas été abordées comme il se devait être. Pourtant que de réalisations extraordinaires a-t-il réussies. L’histoire en tout cas retiendra de lui le fondateur de l’Etat algérien moderne. Ceci d’une part, d’autre part il y a eu beaucoup de falsifications et de contre-vérités dans ce qui a été écrit ou dit sur la vie du président Boumediene, comme sa date de naissance, sa mort ou encore qu’il s’était marié en Egypte, que Boussouf était son chef direct, alors qu’en vérité il était sous les ordres de Ben M’Hidi. D’autres contrevérités encore, comme celle faisant état qu’il avait rejoint la révolution en tant que djoundi alors que, dans la réalité, il l’avait rejointe en tant que chef des djounouds. Qu’en est-il des circonstances de la mort de Boumediene, d’autant qu’il y a ceux qui parlent de son assassinat ? Le dossier médical est toujours frappé du sceau du secret. Je n’écarte pas la thèse de l’assassinat. Ce colloque, de l’avis de nombreux participants, n’a pas été de dimension souhaitée, malgré qu’il soit placé sous le haut patronage du président de la République. Comment expliquez- vous cela ? D’aucuns ont remarqué les insuffisances ayant marqué ce colloque de Djelfa ainsi que la mauvaise préparation qui a prévalu. Ceci en plus de l’absence de personnalités marquantes qui, habituellement, enrichissaient les contenus des colloques Houari Boumediene. Je ne manquerai pas de souligner, par ailleurs, la tentative flagrante de vider ce colloque de sa dimension nationale et historique, au point où le président de la République s’est abstenu d’envoyer un message aux participants. Serait-ce cela du fait de votre position durant l’élection présidentielle passée ? Non… mes positions par rapport à l’élection présidentielle émanaient de mes convictions personnelles… Je ne voudrais pas m’étaler davantage. Quand écrira-t-on la véritable histoire de Boumediene ? Pour l’écrire, il faut d’abord que l’on n’ait pas recours aux archives existantes. Durant sa vie, Boumediene s’intéressait personnellement à la conservation de l’archive nationale, parce qu’elle concerne l’histoire d’une nation. Concernant la véritable histoire de Boumediene, je dirai qu’elle doit s’écrire depuis ses débuts, l’enfance, la jeune, les études, Al Azhar… Boumediene appartient à l’ensemble des Algériens. Voudriez-vous nous parler de Boumediene l’époux et l’homme ? Boumediene était du peuple. Il n’aimait pas les visites officielles et les protocoles. Mon histoire avec Boumediene a été à l’origine une histoire d’amour. On s’est mariés après une longue histoire d’amour. On vivait naturellement, comme le reste du peuple. Je n’avais pas de privilèges. On vivait dans un appartement de deux pièces et, pendant les occasions, on se retrouvait au Palais du Peuple. Et après la mort de Boumediene ? A la mort de Boumediene, je me suis sentie seule. J’ai ressentie un immense vide autour de moi. Je suis passée par des périodes très difficiles, puisque j’ai perdu en lui à la fois l’époux, le père, le frère et l’ami. Ce qui m’a aidée à surmonter l’épreuve c’est l’élan de cœur que le peuple lui a manifesté. Quel regard portait Boumediene sur l’Algérie ? Il disait toujours qu’il ne suffisait pas de dire mais qu’il fallait surtout faire. Boumediene était pragmatique. Il était convaincu que le peuple algérien n’aimait pas la hogra. Et nonobstant qu’à son époque l’Algérie ne vivait pas une embellie financière, Boumediene n’a pas négligé les régions déshérités, en mettant en place des programmes d’urgence. Il misait sur le plus ou moins long terme pour arrimer durablement l’Algérie au progrès. S’il avait vécu jusqu’à aujourd’hui, le pays n’aurait pas connu le terrorisme et toutes les catastrophes. Ceci, en dépit de l’existence, sous son règne, de différentes sensibilités. Quelles ont été dans sa vie les étapes déterminantes ? Je me rappelle de nombreuses situations difficiles que le défunt a eu à affronter. Son expérience et sa clairvoyance lui permettaient à chaque fois de surmonter la difficulté. Il fonçait, comme ce fut le cas lorsqu’il a décidé de nationaliser les hydrocarbures. Il a pris la décision alors que d’autres initiatives similaires avaient échoué précédemment, à l’instar de ce qui s’était passé au Mexique avant la Seconde Guerre mondiale ainsi que l’expérience ratée iranienne. De littérature et de poésie vous êtes profondément éprise. Comment en êtes-vous venue à préférer la compagnie des belles lettres et de la rime ? Anissa Boumediene : J’ai d’abord poursuivi des études d’avocate, après j’ai entrepris le droit. J’ai étudié deux années à la Faculté d’Alger puis deux autres années à La Sorbonne en France. Je suis rentrée au pays pour exercer en tant que vice-procureur de la République, puis comme avocate. J’ai dû abandonner le barreau après mon mariage. A l’époque, on n’enseignait pas encore l’histoire du monde arabe encore moins la poésie arabe. Je ressentais un complexe devant Boumediene qui était d’une vaste culture. J’ai décidé alors de plonger dans le monde de la langue et de la littérature arabes. Une enseignante syrienne me prodiguait des cours, puis en tant qu’étudiante, j’ai échoué à l’examen de grammaire arabe. J’ai dû interrompre pour une année mes études à la mort de Boumediene. J’étais en deuxième année. J’ai repris ensuite et j’ai obtenu le diplôme d’études supérieures en littérature arabe. Boumediene aimait beaucoup la poésie. Un jour, il m’ordonna de me lever. Un fois debout, il me récita de manière on ne peut plus correcte trente vers d’une Mouaalaqatede Imrou Al Qais. Vous avez vous-même écrit un recueil de poésie Al Leil Oua Nahar (la nuit et le jour).Mon recueil Al Leil Oua Nahar» a été interdit d’entrée en Algérie durant la décennie noire. Je ne sais toujours pas pourquoi. Dans ce livre, j’ai traité des convulsions que j’ai vécues et qui m’ont donc marquée après la mort de Boumediene, notamment la vue du peuple pleurer la mort de son président. J’ai aussi décrit, dans mon recueil, la beauté de l’Algérie et la bravoure des moudjahidine. S’agissant du titre, le jour c’est ma vie aux côtés de Boumediene, la nuit c’est ma vie après son éclipse. Vous évoquez dans votre recueil les moudjahidine. Le dossier des faux moudjahidine faisait-il partie des préoccupations de Boumediene ? Le dossier dit aujourd’hui des «faux moudjahidine» n’était pas au menu de l’actualité du temps de Boumediene. Le nombre d’usurpateurs de la qualité était minime. Le budget alloué aux moudjahidine n’était pas colossal. Beaucoup de choses ont été dites sur Abane Ramdane et Messali Hadj. Que pensez-vous de ce qui a été dit à leur propos ? La révolution relève du miracle divin. Le peuple algérien en est sorti vainqueur. Messali Hadj est une personnalité qu’on ne peut pas nier, étant qu’il a été le premier à avoir appelé à l’indépendance nationale, même s’il n’était pas emballé par la révolution, estimant que les conditions pour ce faire n’étaient pas réunies. Quant à Abane Ramdane, il était un héros et il est mort à cause de son héroïsme. Les causes de son assassinat ne sont pas écrites, à ce jour. Mais, enfin, toute révolution dans le monde a ses pages de gloires et ses pages noires. Qu’en est-il de l’écriture de l’histoire de la guerre de Libération ? La consultation des Archives instruirait. Aux historiens, universitaires et chercheurs de rechercher les vérités qu’elles contiennent. Il en existe de nombreuses. Entre autres, les raisons du conflit entre Boumediene et le Gouvernement provisoire. Vous avez exercé dans le secteur de la justice. Que pensez- vous de la justice d’aujourd’hui ?Ce qui se passe dans le secteur de la justice du fait du comportement de certains n’honore pas ceux qui y exercent. On n’aurait jamais pensé qu’un jour le niveau de la justice algérienne atteindrait son niveau d’aujourd’hui. Où est la conscience du magistrat, le professionnalisme, l’éthique… ? Le président Bouteflika a lancé l’idée d’une amnistie générale. Quelle compréhension faites-vous de cette notion? D’abord, faudrait-il vous dire que j’évite de parler des questions d’importance nationale et engageantes de peur de voir mes propos déformés. Je dirais simplement que la manière choisie pour la réconciliation nationale n’était pas étudiée. Peut-être aurions-nous mieux réussi si on avait procédé autrement, si on avait pris en compte la réalité de la crise. Concernant, maintenant, l’amnistie, il faudra au préalable que tout le monde acquiesce. Mais il ne faut surtout pas que le terrorisme en tire gloire. Il doit plutôt se sentir coupable. La meilleure façon de procéder, à mon avis, est celle adoptée par l’Afrique du Sud pour réaliser sa réconciliation nationale. Que diriez-vous à propos du code de la famille ? Je suis pour certains amendements ; la femme qui accède à de hautes fonctions de l’Etat, ministre, juge et wali… n’a pas besoin de tuteur pour se marier. Je suis par ailleurs favorable à la création d’un observatoire des droits de la femme qui soit affranchi de toute instrumentalisation politique. Et de la liberté de la presse ? Je suis contre l’emprisonnement des journalistes. Je suis pour la levée des restrictions dont la presse fait l’objet ainsi que pour la garantie des conditions pour un exercice sain du métier d’informer, loin du travestissement de la vérité. Car la liberté de la presse s’accompagne d’une éthique professionnelle. N’avez-vous jamais pensé à créer une fondation Houari Boumediene, à l’instar d’autres fondations comme celle Mohamed Boudiaf ? L’idée ne m’est pas étrangère. J’y ai déjà pensé, seulement se pose toujours le problème de l’enceinte qui abriterait une fondation de la dimension de Boumediene. Par exemple, la fondation Mohamed Boudiaf, malgré la courte présidence de ce dernier, a bénéficié de la villa Aziza pour siège. Je suis, d’autant, attristée par le sort réservé à la villa Aziza qui fait partie du patrimoine national. Pour son extension on a coupé des arbres millénaires.
Entretien réalisé par Ghoul Hafnaoui

Monday, March 06, 2006

la bataille d alger


« Une fois l’indépendance de l’Algérie acquise, en 1962, la société française semble avoir gardé une mémoire visuelle sélective des sept années de guerre qui avaient conduit à cet événement majeur de l’histoire contemporaine. D’ailleurs, les Français ont longtemps paru ne pas éprouver le besoin de revisiter cette séquence noire de leur passé, à la différence des Américains qui transformèrent sans délai leur défaite au Vietnam en fait d’histoire. Il subsiste pourtant une masse importante d’images de toutes sortes qui renseignent sur la période et constituent autant de traces fragiles, friables, presque perdues. » C’est ainsi que s’ouvre l’exposition parisienne « Photographier la guerre d’Algérie » qui, à travers 158 photographies et documents, tente de retrouver cette mémoire enfouie. Et qui se présente comme le premier bilan complet sur la manière dont la guerre d’Algérie a été représentée.
Une guerre qui n’a dit son nom que très récemment, qualifiée à l’époque d’« événements ». Alors comment ont été photographiés ces « événements » ? Avec la même hypocrisie, le même aveuglement que leur nomination ? Oui et non. Il y a bien sûr, les photographies officielles de propagande française et le fonds très important des photos de l’armée mais on trouve aussi des reportages engagés dont celui du Hollandais Kryn Taconis datant de 1957, auto-censuré par l’agence Magnum, et qui est ici montré dans son intégralité. Le photographe, ancien résistant, prend effectivement le parti des combattants algériens. Son reportage est un plaidoyer pour une armée organisée qui manœuvre chez elle.
Fils et père
Même approche pour l’Américaine Dickey Chapelle, l’une des premières femmes photographes à intégrer la Navy pour couvrir le débarquement d’Okinawa, pendant la deuxième guerre mondiale. Cette correspondante de guerre prend contact dès 1957 avec des membres du FLN (Front de Libération Nationale) et va montrer, lors d’un reportage dans le maquis, l’organisation de la rébellion algérienne. A l’opposé de l’image de « bandits » diffusée alors par le gouvernement français.
L’exposition fait la part belle aux travaux personnels de grands photographes comme Raymond Depardon ou Marc Riboud, mais aussi aux différentes commandes de Paris-Match, qui couvrira avec régularité les « événements », et aux photos d’agence, notamment celles de l’AFP. On doit à cette dernière la magnifique photo intitulée « Fils et père ». Deux soldats FLN dans le maquis en 1955. Fiers, altiers, le regard noir : le père paraît immense. Est-ce parce qu’il est grand ou parce que son fils, armé à ses côtés, vient à peine d’entrer dans l’adolescence ?
Photographes amateurs
Enfin, à côté de cette production qui s’étale dans la presse magazine en plein essor, les photos amateurs des appelés offrent un pendant intéressant. Ça commence par des clichés des douches construites en pleine nature, du ravitaillement, des corvées... De jeunes hommes souriants en galoches se tiennent par les épaules, ils ont l’air bronzés. Mais ces parties de campagne entre frères de régiment tournent vite au cauchemar : photos de bombardement au napalm, d’humiliations lors des arrestations, de soldats posant devant des cadavres de combattants algériens devenus trophées de guerre. Les clichés sont sans appel.
Le constat le plus amer, lors de cette exposition, est le déséquilibre criant de la production d’images. Les Algériens en sont les grands absents, devant ou derrière l’objectif. Le rapport de force était inégal, la représentation de la guerre l’a été de la même manière. Seul le photographe rattaché à l’armée française, Marc Garanger, a capturé l’image de plus de 2 000 femmes, pour les besoins de nouvelles cartes d’identité. Ses clichés sont autant de témoignages de la résistance active et farouche des Algériennes. « J’ai reçu leur regard à bout portant, premier témoin de leur protestation muette, violente », raconte-t-il. Et ses photos parlent d’elles-mêmes.
Photographier la guerre d’Algérie, jusqu’au 18 avril 2004 au Patrimoine photographique, Hôtel de Sully - 62, rue Saint-Antoine - 75004 Paris - tlj sauf lundi et jours fériés de 10h à 18h30.

Monday, February 20, 2006



Malgré toute la répression et les génocides perpétrés par l’armée française, notre terre est restée insoumise, et c’est ce long itinéraire de la lutte pour l’indépendance de notre pays jalonné de tant de souffrances qui a permis à notre peuple d’acquérir cette maturité politique, cette notion qui a permis de déjouer les manœuvres du général de Gaulle en ce 11 décembre 1960, dont le plan consistait à mettre sur la sellette une troisième force représentative pour négocier au nom du peuple algérien.
Cette idée de constituer une troisième force avait déjà été projetée dans les milieux gouvernementaux français dès 1957. A l’époque, Robert Lacoste avait tenté de rallier à sa thèse des personnalités algériennes, aidé par le secrétaire d’Etat aux Affaires algériennes, Marcel Champaix. Ce dernier identifie Cherif Benhabilès, élu sénateur de Constantine, Ali Checkal, vice-président de l’Assemblée algérienne, ainsi que Barabrok et Sid Kara... Après une mise en garde, le Front de libération nationale exécuta Ali Checkal en France, dans un stade archicomble et en présence du président de la République René Coty ; Barabrok échappa de peu à un attentat ; Benhabilès est abattu. Dissuadées, les autres personnalités se retirèrent de la scène politique et l’idée d’une troisième force fut abandonnée, elle fut reprise par le général de Gaulle en décembre 1960, après avoir été acculé par les échecs des diverses réformes proposées, entre autres tentatives de la paix des braves (paix séparée) et surtout après les opérations militaires françaises de grande envergure confiées au général Challes, promu au commandement des forces françaises en Algérie, opérations qui durèrent plus de sept mois, dont le but était de déterminer le potentiel de l’ALN dans les maquis, mais sans grand succès, d’autant plus que les attentats du FLN reprirent de plus fort dans les grandes villes, et ce, après une brève accalmie. Comprenant que l’Algérie est devenue un gouffre engloutissant des dépenses ruineuses avec une armée française composée de plus d’un million d’hommes pataugeant dans le bourbier algérien, ce qui laisse entrevoir des prévisions néfastes pour la France qui perdra par le déséquilibre des forces sa position de grande puissance dans le concert des nations.
C’est aussi face à l’hostilité grandissante du peuple français qui supporte le fardeau de la guerre dans sa case sociale et c’est en voulant d’abord sauver la France de cette situation désastreuse que le général de Gaulle, a joué la dernière carte avec l’idée subtile de manipuler le peuple algérien en lui faisant miroiter l’instauration d’un Etat algérien par un stratagème qui consiste à isoler le FLN et coiffer le Gouvernement provisoire algérien (GPRA) en mettant sur la sellette une troisième force qui, au nom de l’Algérie algérienne, négociera avec la France. C’est ainsi que le 2 décembre 1960, dans un discours, le général de Gaulle avait parlé de la nouvelle voie qui conduit non plus à l’Algérie gouvernée, mais à l’Algérie algérienne, donc première étape de sa nouvelle stratégie qui consiste à pousser la masse à manifester dans la capitale, dont l’impact aura un écho grandissant à travers toutes les autres régions de notre pays, au slogan de l’Algérie algérienne. Pour sa réussite, ce plan fut confié au cinquième bureau français soutenu par le Mouvement pour la coopération (MPC) qui identifie le Front de l’Algérie démocratique (FAD), branche messaliste (prévu comme futur négociateur), cette tendance fut créée par Cadi Belhadj Lamine après la faillite du messalisme comme courant politique avec l’aval du gouvernement français...
C’est ainsi que le 9 décembre 1960, à la suite d’une manifestation des ultramanipulés encouragés par le Service actions urbaines (SAU) du capitaine Bernard, des Européens provoquèrent des musulmans, à la hauteur du monoprix de Belcourt et du stade Bialèse ; une bagarre s’ensuivit et quelques heures après, une contre-manifestation submergea les ultras qui se barricadèrent chez eux. Dans cette même journée, l’effervescence se propagea vers d’autres quartiers, tels Ruisseau, Kouba, Clos Salembier et La Casbah d’Alger. Le lendemain 10 décembre, la manifestation prit de l’ampleur bien organisée et encadrée par les militants de la Wilaya III et ceux de la Wilaya IV, arborant l’emblème national, scandant « L’Algérie algérienne », « L’Algérie musulmane », « Vive le FLN, Abbas au pouvoir » allusion au président du GPRA, par un déferlement sans précédent. Bab El Oued, qui était le fief des pieds-noirs, fut envahi par une foule déployant des drapeaux vert et blanc frappés du croissant. Telle une traînée de poudre, les manifestations se propagèrent à travers tout le territoire national.
Le peuple algérien a démontré qu’il n’était pas dupe, déjouant le complot ourdi par le général de Gaulle, en criant son attachement au GPRA comme étant le seul interlocuteur valable. Le 11 décembre 1960, comprenant que ses plans étaient déjoués, l’armée tenta vainement d’arrêter l’étendue de la manifestation qui a dépassé l’objectif assigné en tirant sur la foule à bout portant ; il y a eu certes beaucoup de morts et de blessés, mais leurs sacrifices ont été le témoignage de leur attachement à la révolution pour la libération de notre pays. Ce poids considérable avait permis de mettre en relief le GPRA sur la scène internationale comme seul représentant du peuple algérien et toutes les propagandes de l’Algérie française prêchées par les diverses tendances ultras se sont effondrées et, après la motion de l’ONU en date du 20 décembre 1960, la représentativité du GPRA ne fut plus remise en question.
Malgré ce pas immense vers la victoire, la lutte fut encore longue, il y a eu encore deux années de résistance armée et beaucoup de sacrifices et la répression s’abattait sur notre peuple ; c’était une période cruciale, mais c’était aussi le dernier soubresaut de la République française en Algérie.Entre l’imagerie nationale (le général De Gaulle à Alger en juin 1958 levant les bras en V juste avant de lancer le fameux “Je vous ai compris”) et les reportages longtemps censurés, l'exposition donne à voir la diversité des points de vue, comme des photographes. La présentation inédite des reportages de Kryn Taconis ou de Dickey Chapelle dans le maquis algérien sur l’Armée de libération nationale est, bien entendu exemplaire, mais c’est surtout la juxtaposition de toutes ces images qui est nouvelle. Pour un événement, un fait identique, la vision donnée par les photographes ou les agences de presse est différente : l’incendie du port d’Oran est ainsi vu de loin, pouvant être rattaché à un autre fait que la guerre (Paris-Match) alors que Jean-Paul Biot donne une vision très humaine de cet incendie, se plaçant derrière deux enfants regardant le port en feu. La comparaison est encore plus frappante entre Marc Flament et Marc Garanger. Le premier travaille pour l’ECPAD (Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense) et montre des hommes de l’armée française en gros plan dans leur vie quotidienne, dans le déroulement d’actions militaires, mais loin des champs de batailles ; le second nous renvoie à une vision moins sage, plus extrême de la guerre. Ainsi l’image d’un cadavre prise par Marc Flament dans la nature, les poches faites, alors que Marc Garanger insiste lui sur le sang, la violence de ce corps. De même le captif photographié par le premier est presque à l’aise, discutant avec son geôlier ; celui, de Marc Garanger, est fier, et nous regarde de haut. Les photographies de Marc Flament sont parfois très esthétisantes (l’habit de camouflage du soldat se confond avec la roche de la grotte communiquant avec les égouts de la ville de Miliana), et certaines presque bibliques : un soldat portant un mouton sur ses épaules dans le désert – vallée de l’oued Merza, trois hommes entourant telle une descente de croix, un des leurs, mort, la mise au point de l’appareil faite sur la bague (l’alliance) de l’annulaire de sa main gauche.Quel décalage entre ce militaire faisant la classe dans un village paisible, ces soldats passant de la fête au désespoir, et ces portraits de vieilles femmes lasses et tristes ! Le même qui existe entre la volonté de fournir régulièrement des clichés à la presse civile, française et étrangère, et celle d’expliquer aux appelés leur mission de maintien de l’ordre et la violence des faits sur place. À partir de 1961-1962, les photos se multiplient et la population locale commence à apparaître sur les photographies. Elle laisse explorer sa joie ou sa fierté, elle scande “Yallah De Gaulle” lors de la manifestation du 11 décembre 1960 et brandit sa carte d’électeur de citoyen français devant un bureau de vote le 2 juillet 1962. Les militaires de l’Armée de libération nationale posent, tous assis, fatigués au milieu du maquis (Marc Riboud). Les images de la violence sortent de l’ombre : la répression de la nuit du 17 octobre 1961 à Paris (Fonds France–Soir), et les attentats de l’OAS (Raymond Depardon et le visage défiguré de Delphine Renard à la une de journaux parisiens en février 1962).Plus de cinquante ans après, sans excès de dolorisme ou de repentance, mais avec le recul que donne le temps, le besoin de se repencher sur cette page noire de notre histoire se fait sentir. Les anciens combattants et les personnes ayant connu cette époque, sont les premiers intéressés par cette exposition, espérons que le travail de médiation réalisé autour de ce thème permettra d’attirer un public plus jeune et de redonner la place qui est la sienne à cette partie de notre histoire.

Polémique entre Alger et Paris


Paris est irrité par les propos du Président Bouteflika sur les massacres du colonialisme français du 8 mai 1945. Hier, Jean-Baptiste Mattéi, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, sur un ton qui ressemble à celui du reproche, a évoqué « le respect mutuel » dans le travail de mémoire.
Il a été interrogé lors du point de presse électronique organisé par le Quai d’Orsay. La question se référait au message du chef de l’Etat publié la veille de la commémoration du soixantième anniversaire du 8 Mai 1945. « Les commandos de la mort exécutaient par centaines et milliers les citoyens sur les places publiques, stades et autres buissons (...) Qui ne se souvient des fours de la honte installés par l’occupant dans la région de Guelma au lieudit El Hadj M’barek, devenu lieu de pèlerinage où la mémoire conte les secrets de la victime. Ces fours étaient identiques aux fours crématoires des nazis », a rappelé M. Bouteflika. Ces déclarations ont été qualifiées de « violentes » par l’Agence France Presse (AFP, agence publique). Le message du président de la République a été repris par le quotidien Le Figaro (proche de la droite au pouvoir) avec un article sous le titre « Bouteflika compare la colonisation française au nazisme ». Ce journal, à l’opposé des quotidiens Libération et Le Monde, a ignoré l’anniversaire des tueries de Sétif, de Guelma et de Kherrata. « Abdelaziz Bouteflika n’a pas hésité à franchir la ligne jaune en comparant la colonisation française en Algérie à l’Allemagne hitlérienne », a écrit Le Figaro. Rappelant la Déclaration d’Alger, signée le 2 mars 2003 lors de la visite d’Etat du président Jacques Chirac, le porte-parole du Quai d’Orsay a estimé que la démarche des autorités françaises est d’aller de l’avant dans le rapprochement avec Alger. « Ce qui passe par un travail de mémoire commun, dans le respect mutuel, pour examiner et surmonter le passé, y compris dans les pages les plus douloureuses de la période de la colonisation et de la guerre d’Algérie », a-t-il déclaré. Il a rappelé les déclarations de l’ambassadeur de France à Alger, Hubert Colin de Verdière, faites le 27 février dernier à Sétif. Le diplomate avait parlé de « tragédie inexcusable » à propos des massacres perpétrés par l’armée coloniale qui ont fait 45 000 morts. Jean-Baptiste Mattéi a rappelé les déclarations de Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères, faites à El Watan, le 8 mai. « Il est essentiel pour construire un avenir commun que nous arrivions à examiner ensemble le passé afin d’en surmonter les pages les plus douloureuses pour nos deux peuples. Cela suppose d’encourager la recherche des historiens, de part et d’autre, qui doivent travailler ensemble, sereinement, sur ce passé mutuel », a relevé Michel Barnier. Le travail de mémoire doit, selon le porte-parole du Quai d’Orsay, être fait « dans un esprit de respect mutuel et dans un souci de vérité ». Des sources diplomatiques à Alger nous ont assuré hier que Paris ne cherche pas la polémique. « On n’en veut pas », nous a-t-on dit. « Ce n’est pas une réaction négative. C’est une réponse mesurée », a-t-on encore précisé. Contactés, des responsables au Quai d’Orsay nous ont orienté vers le texte original et complet de la déclaration du porte-parole. L’AFP a, dans une longue dépêche hier, évoqué « appels pressants » en Algérie pour que « la France demande pardon aux Algériens ». « Le peuple algérien n’a pas cessé d’attendre de la France une reconnaissance de tous les actes commis durant la période de colonisation, y compris la Guerre de Libération, pour voir s’ouvrir de larges et nouvelles perspectives d’amitié et de coopération entre deux peuples », a estimé le Président Bouteflika dans son message du 8 mai. Le chef de l’Etat a déclaré que l’Algérie attend un geste de la France. « Un geste qui libérerait la conscience française des cauchemars de la longue nuit coloniale », a-t-il relevé, soulignant que la France a mis des décennies pour reconnaître la guerre d’Algérie. Fait curieux : hier une association de défense des anciens combattants français d’Afrique du Nord a justifié le génocide du 8 mai 1945, affirmant qu’il s’agissait... « d’un rétablissement de l’ordre nécessaire ». Cela va-t-il choquer les consciences qui semblent remuées par le parallèle fait par le président algérien entre les fours crématoires des nazis et les fours à chaux français ? Ou assistons-nous à un révisionnisme historique renversé ? Paris, qui n’a pas encore enterré son passé vichiste, donne l’impression de vouloir tourner la page du passé colonial en Algérie sans creuser davantage sa mémoire. Sans oser. Même si les intentions, exprimées officiellement, ici et là, vont dans un autre sens. C’est que les deux pays préparent « activement » la signature d’un Traité d’amitié. Le 10 mai, le porte-parole du Quai d’Orsay a évoqué cette question en ces termes : « Ce traité fait suite à la démarche qui avait été engagée avec la Déclaration d’Alger (...) notre objectif est de conclure ce traité avant la fin de l’année. »

Cessez-le-feu en Algérie


Le 19 mars 1962, à midi, prend officiellement effet un cessez-le-feu qui met fin à huit ans de guerre en Algérie. La veille, à Évian, le gouvernement français a cédé au GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara. Les accords ont été signés par le ministre Louis Joxe d'un côté, le vice-président du GPRA Krim Belkacem de l'autre.L'indépendance accordée à l'Algérie est la dernière étape de la liquidation de l'Empire colonial français, si l'on met à part quelques îles et la Guyane (les «confettis de l'empire»). En moins de dix ans, de 1954 à 1962, la France s'est séparée de l'Indochine, de l'Afrique noire et de l'Afrique du Nord, colonisées de haute lutte sous la IIIe République (*).Douloureuse indépendance" src="http://www.herodote.net/Images/Algerie8avril1962.jpg" width=180 align=right>Le 8 avril 1962, un référendum en métropole ratifie la décision du gouvernement du général de Gaulle. Les Algériens, quant à eux, doivent se prononcer pour l'indépendance de leur pays le 1er juillet 1962. Les combats et les massacres vont se prolonger jusqu'à la proclamation officielle de l'indépendance, le 3 juillet 1962 (la France reconnaît la qualité d'ancien combattant aux militaires en active jusqu'au 2 juillet).Les principales victimes des derniers massacres sont les pieds-noirs et les harkis. Une semaine après le «cessez-le-feu», le 26 mars 1962, des Européens se rendent en cortège vers le quartier de Bab el-Oued pour protester contre son bouclage par l'armée française qui soupçonne la présence d'activistes pieds-noirs. Dans la rue d'Isly, un détachement de tirailleurs algériens de l'armée française, sous le commandement d'un jeune lieutenant kabyle, fait face aux manifestants. La nervosité est à son comble. Pendant 12 minutes, c'est le carnage. Les cris «Halte au feu !» n'y font rien. On relève plus de cinquante morts.Bouleversés par ce qu'ils considèrent comme une trahison de la France à leur égard, les Algériens de souche européenne ou israélite, au nombre d'un million (10% de la population), prennent alors la résolution de fuir le pays. Sans attendre le référendum qui doit avaliser les accords, ils fuient les représailles du FLN (Front de libération nationale) et les attentats de l'OAS (Organisation de l'armée secrète), qui veut obliger l'armée française à rompre le cessez-le-feu.La plupart débarquent en plein été à Marseille et Orly, avec de grosses valises pour seuls biens, au milieu de Français métropolitains qui ont déjà tourné la page et ne se soucient que de leurs prochaines vacances.Avec la fin du fardeau colonial et l'arrivée des pieds-noirs, la France va, de manière quelque peu inattendue, connaître un regain de prospérité et de dynamisme. Bilan humain de huit ans de guerreDe 1954 à 1962, la guerre non déclarée d'Algérie a mobilisé pas moins de deux millions de jeunes Français du contingent, appelés pour deux ans ou parfois davantage. Elle a fait au total 16.000 tués chez les soldats français, non compris 9.000 soldats qui ont péri du fait d'«accidents», 2000 morts de la Légion étrangère, un millier de disparus et 1300 soldats morts des suites de leurs blessures.Environ 270.000 musulmans algériens sont aussi morts du fait de la guerre sur une population totale de dix millions d'habitants (le FLN arrondit le nombre de victimes musulmanes à... un million). Sans parler de 8.000 villages incendiés, un million d'hectares de forêts incendiés et 2,1 millions de musulmans déportés dans des camps de regroupement.Le terrorisme algérien a fait 4.000 victimes en France comme en Algérie du fait des règlements de comptes et des attentats perpétrés par les indépendantistes. Un certain nombre d'hommes, de femmes et d'enfants ont été aussi enlevés par le FLN sans que l'on retrouve leurs traces. Séquelles de la décolonisationLa vie politique française sera longtemps marquée par les séquelles du conflit, qui a éclaté le 1er novembre 1954 et a été relancé dans la confusion par le vrai-faux coup d'État du 13 mai 1958. En février 1961, à Madrid, a été créée l'OAS (Organisation de l'Armée Secrète), en révolte contre le lâchage de l'Algérie. Cette organisation terroriste d'un millier d'activistes multiplie les attentats aveugles après le cessez-le-feu du 19 mars 1962. Elle est responsable d'environ 2.400 assassinats de Français et surtout d'Algériens. Elle suscite en réaction la création de réseaux secrets par les services français de contre-espionnage. Ces réseaux, caricaturés sous le terme de barbouzes, sont restés très actifs dans la décennie suivante. Ainsi du SAC (Service d'Action Civique) dont certains dirigeants ont poursuivi après la guerre une carrière éminente.Le 22 août 1962, le général de Gaulle est victime d'une tentative d'assassinat au Petit-Clamart. Il s'agit du seul attentat avéré contre sa personne. Jean Bastien-Thiry, l'organisateur de l'attentat, est passé par les armes dans le cadre d'une justice d'exception.En Algérie, le cessez-le-feu ravive les tensions entre les factions du FLN. Houari Boumedienne, qui commande «l'armée des frontières» (35.000 hommes), prend le pas sur ses rivaux du GPRA, qui commandent l'armée des partisans (10.000 hommes).La guerre intestine fait des milliers de victimes en août 1962, après l'indépendance. Elle se solde par la victoire de Ahmed Ben Bella et de son allié provisoire, le colonel Houari Boumedienne. Krim Belkacem sera assassiné dans son exil à Francfort en 1970. L'Algérie indépendante va choisir le socialisme d'État à la manière soviétique et sombrer pendant plusieurs décennies dans le dénuement et la corruption.
Le drame harki
Parmi les principales victimes de l'évacuation hâtive de l'Algérie figurent les supplétifs musulmans. Ils sont communément appelés harkis, d'après le nom donné à leur formation : «harka» (mouvement en langue arabe).260.000 musulmans servaient les autorités françaises en qualité de harkis mais aussi comme élus, fonctionnaires ou militaires de carrière.Avec leur famille, ils représentaient un million de personnes, soit un effectif équivalent à celui des pieds-noirs de souche européenne ou israélite.A la veille de l'indépendance de l'Algérie, les Français de la métropole ne se soucient pas de leur devenir (sauf exceptions rarissimes comme l'historien Pierre Vidal-Naquet). Ils se donnent bonne conscience en feignant de croire au respect par le FLN de son engagement de ne pas exercer de représailles.Le président de la République, le général de Gaulle, est réticent au transfert des harkis en métropole. Attaché à une vision conventionnelle de la France, celle de Jules Ferry et de Jules Michelet, il craint que le pays ne perde son identité en recevant un trop grand nombre de musulmans.Quant aux communistes, très influents dans la gauche française, ils assimilent les harkis à des «collabos» et ne s'affligent aucunement de leur sort.C'est ainsi que les officiers reçoivent l'ordre de désarmer les harkis. Pour vaincre la méfiance de leurs subordonnés, beaucoup usent du prétexte d'une inspection de routine. Ils les livrent sans armes à la vindicte des autres musulmans.Le ministre des Affaires algériennes, Louis Joxe, interdit formellement l'embarquement des harkis sur les navires à destination de la métropole.93.000 musulmans, y compris femmes, enfants et famille proche, devront leur salut à des officiers qui ne supportent pas d'abandonner leurs hommes et, pour cela, bafouent les consignes des autorités supérieures. Beaucoup de ces officiers, traumatisés par l'attitude du général de Gaulle et de son gouvernement, basculeront un peu plus tard dans le terrorisme de l'OAS.Comme il était à prévoir, les harkis restés en Algérie vont affronter la vengeance des vainqueurs.Les chiffres avancés par l'historien Charles-André Ageron (*) sont de 50.000 harkis massacrés par les Algériens dans les semaines qui suivent la proclamation du «cessez-le-feu».Quelques rares témoignages font état de cruautés infinies. Mais leur rappel va demeurer tabou en France jusqu'à la fin des années 1990. En métropole, dès 1963, une partie des rescapés musulmans sont éparpillés dans près de 70 hameaux de forestage relégués à plusieurs kilomètres des villages et lieux de vie. Leurs enfants sont scolarisés sur place jusqu'au secondaire. Certains de ces camps d'accueil d'urgence, tels que Bias ou Saint-Maurice-l'Adoise, vont perdurer jusqu'en 1975, générant un mal de vivre aigu parmi les descendants des harkis, évalués à quelques centaines de milliers (près de 1% de la population française).Faute de mieux, le président Jacques Chirac a décidé par décret, en 2001, que le 25 septembre serait une journée d'hommage aux harkis.
BibliographieSur les grandes étapes de la guerre d'Algérie et surtout sur la manière dont elle s'est déroulée sur le terrain, je ne saurais trop recommander le livre de Patrick Rotman : L'ennemi intime (266 pages, 19 euros, Seuil, 2002). Personne n'a mieux raconté la tragédie de la torture, des attentats, des exécutions sommaires, l'incompréhension montante entre les communautés et l'échec final, pitoyable et encore douloureux.

l emir abd elkader




Abd el-Kader (1808-1883), religieux et chef de guerre Algérien, fondateur du premier Etat algérien, héros de la résistance contre le colonialisme...(source encarta)
1808 ABD EL-KADER naît près de Mascara 1825/6 Pèlerinage avec son père à la Mecque
1830 Les troupes françaises prennent Alger 1832 Abd elKader est proclamé Emir de Mascara par les tribus de la région d'Oran. Il est le chef de la résistance 1835 Abd el-Kader signe avec la France le traité Desmichels 1837 Abd el-Kader signe avec Bugeaud le traité de la Tafna, ratifié par Louis-Philippe 1839 Rupture du traité de la Tafna 1840 Bugeaud est nommé gouverneur général de l'Algérie 1843 Prise de la smala d'Abd el-Kader par le duc d'Aumale 1844 Signature du traité de paix de Tanger. Abd el-Kader est déclaré hors la loi au Maroc et en Algérie 1847 Abd el-Kader remet son épée au général Lamoricière. Le duc d'Aumale confirme la promesse d'un exil en Orient 1848 La promesse n'est pas tenue. L'Emir est emprisonné à Toulon, à Pau, à Amboise
1852 Louis-Napoléon, prince-président, annonce à Abd el-Kader la fin de sa captivité et lui accorde les honneurs publics 1853 Installation à Brousse en Anatolie 1855 Installation à Damas en Syrie 1857 Abd el-Kader finance l'édition de l'oeuvre de son maître spirituel Ibn' Arabi les " Futuhat al Makiyya" 1860 La France et plusieurs chefs d'Etat rendent hommage à Abd el-Kader pour avoir sauvé du massacre des chrétiens de Damas 1863 Nouveau pèlerinage à la Mecque 1864 Abd el-Kader devient le protecteur officiel des musulmans soumis à l'administration des pays européens. La même année, il est initié et reçu à la Loge maçonnique Henri IV du Grand Orient de France 1861 Visite de l'exposition universelle de Paris, suite à une invitation de Napoléon
1869 Participation à l'inauguration du Canal de Suez 1883 Mort à Damas - Inhumation aux côtés de son maître Ibn' Arabi 1966 Inhumation officielle au cimetière Al-Aya d'Alger.

qu’est-il advenu de Maurice Audin ?


Maurice Audin a été arrêté par les parachutistes du général Massu, le 11 juin 1957 à Alger. Depuis, nul ne l’a revu.
L’enquête du Comité Audin menée par Pierre Vidal-Naquet a établi que Maurice Audin est mort sous la torture. Malgré plusieurs actions judiciaires, l’État français ne l’a toujours pas reconnu.


Maurice Audin
En 1957, Maurice Audin était âgé de 25 ans et père de trois enfants. Ce jeune mathématicien de l’Université d’Alger était membre du parti communiste algérien, dissous trois ans plus tôt. Il fut arrêté à son domicile, par des hommes du 1er régiment de chasseurs parachutistes, le 11 juin 1957 vers 23 heures. Torturé par l’armée française, il devait décéder le 21 juin, mais son corps n’a jamais été retrouvé [1].
Josette Audin a déposé, en mai 2001, quelques jours après la parution du livre Services spéciaux Algérie 1955-1957 du général Aussaresses, une plainte " contre X pour séquestration " et pour " crimes contre l’humanité ". On sait que, dès lors qu’il y a un disparu, l’infraction continue de courir jusqu’à ce que le corps soit retrouvé. [2]
Josette Audin fait partie des douze personnalités ayant signé, le 31 octobre 2000, un texte appelant les autorités françaises à condamner la torture et les nombreuses exécutions sommaires commises en Algérie entre 1954 et 1962. "Ce ne sont pas les propos d’Aussaresses qui sont seulement en cause, indique-t-elle. Ce sont les faits. Il faudrait que la réprobation dépasse sa personne et englobe tous les responsables, qu’ils soient civils ou militaires. Au-delà de la procédure judiciaire, il faut une reconnaissance officielle et une condamnation. C’est facile de condamner Pinochet ou les auteurs du génocide arménien, il faut aussi le faire quand les crimes ont été commis par des Français ."
À l’initiative des élus communistes de Paris, le Conseil de Paris a voté, le 9 juillet 2001, un voeu demandant de donner le nom de Maurice Audin à la partie de la rue des Tourelles qui longe la caserne des Tourelles (entre l’avenue Gambetta et le boulevard Mortier), dans le 20ème arrondissement de Paris [3].
Ce voeu n’a pas été suivi d’effet ; le choix de la partie de la rue des Tourelles qui longe la caserne ayant abrité le SDECE-DGSE a sans doute été considéré comme malséant.
La place Maurice Audin inaugurée à Paris le 26 mai 2004 Hommage au militant de l’anticolonialisme assassiné en Algérie
Le 9 octobre 2003, le Conseil de Paris a décidé d’attribuer la dénomination « place Maurice-Audin » à la place située à l’intersection de la rue des Ecoles, de la rue Saint-Victor et de la rue de Poissy, dans le 5e arrondissement de Paris, en face de la salle de la Mutualité. L’inauguration de la place Maurice Audin a eu lieu le mercredi 26 mai 2004 à 12h.
Cependant, la justice, malgré les éléments troublants qui ont accompagné sa disparition et malgré les nouveaux éléments apparus depuis 1967, considère toujours que Maurice Audin a disparu après s’être évadé. Mais l’historien Pierre Vidal-Naquet, présent lors de l’inauguration, a tenu à clarifier les choses. Dès 1958, il avait déjà tenté de rétablir la vérité à travers un livre intitulé « L’Affaire Audin ». Mercredi, il a réaffirmé que « Maurice Audin a été assassiné le 21 juin, entre les mains des officiers paras qui l’ont arrêté le 11 ». En qualité d’historien, il a rappelé que cet événement s’était produit « en pleine bataille d’Alger », dans une situation de violence extrême. Mais, a-t-il précisé, « c’est justement en période de crise que se mesure le respect des Droits de l’Homme proclamés en 1889 ». Quarante-sept ans après les faits, les historiens ont fait leur travail. Mais la justice n’a toujours pas fait le sien. Car « la République », regrette Pierre Vidal Naquet, « n’a pas reconnu l’assassinat de Maurice Audin ».
La vérité sur ce qu’est devenu Maurice Audin, ainsi que tous les autres disparus, nous est toujours cachée.
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Son fils Pierre nous a écrit :
« Maurice Audin menait une lutte politique et ne faisait pas partie d’une quelconque organisation armée du parti communiste algérien ; ceux des communistes algériens qui avaient voulu prendre les armes avaient quitté le PCA pour le FLN (choix imposé par le FLN) ; contrairement à ce que dit Aussaresses dans son "livre" la lutte du PCA était exclusivement politique, les seuls "crimes" reprochés à mon père étaient d’avoir hébergé des clandestins, d’avoir abrité une imprimerie clandestine, d’avoir diffusé des journaux ou tracts clandestins. Pour les paras, lire l’Huma c’était déjà un crime impardonnable. »
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Robert Badinter : l’heure de la vérité [4]
" J’ai conservé dans ma bibliothèque ce dessin de Tim, paru dans l’Express en 1960.
"Accusé Audin, levez-vous !"
Pour moi, toute la cruauté et l’hypocrisie de la justice pendant la guerre d’Algérie y sont inscrites. Maurice Audin, jeune universitaire à Alger, communiste, suspecté d’aider le FLN, avait été arrêté par les parachutistes au printemps de 1957. Interrogé, il était mort sous la torture. On avait alors camouflé le meurtre en évasion et fait de la victime un fuyard. Comme Maurice Audin avait été arrêté pour atteinte à la sûreté de l’Etat, la justice militaire avait imperturbablement continué les poursuites. Et, alors que l’on connaissait sa fin tragique, l’autorité judiciaire avait cité Maurice Audin mort à comparaître devant le tribunal militaire d’Alger. Rarement le cynisme officiel avait été porté à pareil degré d’incandescence. [...]
L’exigence de vérité demeure, rendue plus forte encore parce que justice ne peut être faite. Rien n’est plus important pour les victimes et leur famille que de voir la vérité établie. "
Une campagne pour demander la vérité [mai 2004]
Nous vous proposons de vous joindre à une action collective en signant le texte ci-dessous au moyen :
• soit d’un formulaire,
• soit par l’envoi d’un courriel à Jacques Morel en lui demandant d’ajouter votre nom à la liste des signataires (précisez : Nom, Prénom et Adresse...),
• soit d’une lettre que vous adresserez directement au Ministre :
Monsieur François Fillon Ministre de l’Éducation nationale 110 rue de Grenelle 75007 Paris
Monsieur le Ministre,
Quarante six ans après, je ne sais toujours pas ce qu’il est advenu du mathématicien Maurice Audin, né le 14 février 1932 à la gendarmerie de Béja en Tunisie, assistant à la Faculté des Sciences d’Alger, auteur sous la direction de René de Possel de six communications à l’Académie des Sciences et d’une thèse qui fut soutenue in absentia le 2 décembre 1957 et obtint la mention très honorable.
Il fut arrêté le 11 juin 1957 par les parachutistes du général Massu. L’explication des militaires est que Maurice Audin s’est évadé lors d’un transport en jeep le 21 juin par les parachutistes. Or, depuis, nul ne l’a revu.
Une enquête menée de 1957 à 1959 par Pierre Vidal-Naquet et le comité Audin a établi que celui-ci a été torturé à mort et que son évasion était une mise en scène. Mais cela n’a jamais été reconnu par l’État français.
Maurice Audin était à l’époque enseignant de l’Université et dépendait donc de votre ministère, aussi je vous serais gré, monsieur le Ministre, d’interroger vos services et les autres membres du gouvernement sur ce qu’il est advenu de Maurice Audin.
Je n’ignore pas qu’une loi d’amnistie a été votée après les « événements d’Algérie ». Pour autant, la France ne saurait couvrir éternellement des crimes sous prétexte d’amnistie. Comme le disait Laurent Schwartz : « L’oubli est profondément malsain, s’il ne s’appuie pas sur la connaissance de la vérité. » Comment la France peut-elle se proclamer Patrie des Droits de l’Homme et continuer à cacher qu’elle a pratiqué la torture et des exécutions sommaires en Algérie ?
Si l’État français persistait dans son refus de révéler la vérité sur la disparition de Maurice Audin, de dire où sont ses restes, tout citoyen pourrait lui répondre qu’il y a des Droits de l’Homme au dessus de la Raison d’État, comme Antigone invoquait les lois divines en passant outre à l’ordonnance de Créon.
Désireux de vivre dans une nation civilisée où règne l’État de Droit, où les citoyens ont droit à être informés de ce qui a été fait en leur nom, je vous demande, Monsieur le Ministre, la vérité sur la disparition de Maurice Audin.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
Sérigraphie d’Ernest Pignon Ernest représentant Maurice Audin.Elle a été collée sur des murs d’Alger en avril 2003, le visage a été gratté par une main inconnue
[1] Maurice Audin a très probablement été assassiné par les services du général Aussaresses. Le principal suspect, le lieutenant Charbonnier, « a continué sa carrière dans l’armée. Il est même mort avec la légion d’Honneur... Je dis bien d’Honneur », devait s’indigner Pierre Vidal Naquet le 26 mai 2004.
[2] Le mercredi 10 juillet 2002, le juge d’instruction Jean-Paul Valat a rendu une ordonnance de refus d’informer après la plainte déposée en mai 2001 par Josette Audin.
Sa décision écarte d’abord la qualification de " crime contre l’humanité ". Faisant application d’une jurisprudence établie, le magistrat estime que cette incrimination, introduite dans le code pénal en 1994, ne peut être appliquée rétroactivement, rappelant que, antérieurement à cette date, le droit français incriminait seulement les crimes contre l’humanité commis par les puissances de l’Axe pendant la seconde guerre mondiale. L’" enlèvement " est lui aussi écarté puisque, selon le juge, la Cour de cassation a confirmé, en 1966, le non-lieu prononcé pour cause d’amnistie en 1962.
Pour nier la qualification de "séquestration", infraction qui se prolonge et n’est donc pas couverte par l’amnistie, le juge tire argument du fait que Mme Audin a porté plainte pour " homicide volontaire" dès juillet 1957 et que, plus tard, elle a " accepté un dédommagement pour le préjudice résultant du décès de son mari ", pour affirmer qu’elle est " persuadée -depuis cette date- (...) que son mari est mort ". Ainsi, selon l’ordonnance, " la qualification de séquestration (...) n’a pour but que de tenter d’échapper aux différentes causes d’extinction de l’action publique ".
["Un meurtre politique, sans cadavre, ni issue judiciaire", Le Monde, 14-15 juillet 2002].
[3] Les révélations du général Aussaresses font état des tortures pratiquées par ses hommes, dans la « villa des Tourelles » située dans la banlieue d’Alger.